Votre relevé de carrière — le Relevé Individuel de Situation (RIS) — est le document qui sert de base au calcul de votre pension. Chaque ligne compte : un trimestre manquant ou un salaire mal reporté peut réduire votre pension de manière définitive. Or, ces erreurs sont fréquentes. Voici les 5 plus courantes et comment les repérer.
Erreur n°1 : le service militaire non reporté
C'est l'erreur la plus classique pour les hommes nés avant 1979. Le service national donne droit à des trimestres assimilés : 90 jours de service = 1 trimestre, avec un arrondi favorable (365 jours = 5 trimestres, pas 4).
Ces trimestres sont souvent absents du relevé parce que le transfert d'information entre le ministère de la Défense et les caisses de retraite n'a pas toujours fonctionné correctement. Pour les récupérer, il suffit de fournir votre livret militaire ou une attestation de service à votre caisse de retraite.
Erreur n°2 : les salaires sous-évalués ou absents
Votre pension de base est calculée sur le Salaire Annuel Moyen (SAM) de vos 25 meilleures années. Si un employeur a mal déclaré vos salaires, ou si une année a été oubliée, votre SAM est réduit — et votre pension avec.
Les situations à risque :
- Changement d'employeur en cours d'année (déclaration fractionnée)
- Entreprise ayant cessé son activité (archives perdues)
- Emploi saisonnier ou intérim non reporté
- Erreur de SIRET (salaire imputé au mauvais assuré)
Comment vérifier : comparez les salaires de votre relevé avec vos bulletins de paie année par année. Toute différence significative doit être signalée à la caisse avec le bulletin de paie comme justificatif. Consultez notre guide sur le calcul du SAM.
Erreur n°3 : les périodes de chômage mal comptabilisées
Le chômage indemnisé donne droit à des trimestres assimilés : 50 jours d'indemnisation = 1 trimestre. Mais le transfert d'information entre France Travail (ex-Pôle emploi) et les caisses de retraite est loin d'être parfait, surtout pour les périodes anciennes.
Les situations problématiques :
- Périodes de chômage non indemnisé : seule la première période est prise en compte (1 an max, ou 1,5 an si plus de 55 ans). Les suivantes ne valident aucun trimestre.
- Changement de caisse régionale : les données ne suivent pas toujours.
- Chômage partiel vs chômage total : les règles de validation diffèrent.
Notre guide chômage et retraite détaille toutes les règles.
Erreur n°4 : les majorations pour enfants absentes
Chaque enfant donne droit, pour la mère, à 8 trimestres de majoration : 4 au titre de la maternité et 4 au titre de l'éducation. Ces trimestres comptent pour le calcul du taux plein (décote/surcote) mais pas pour la proratisation.
Problèmes fréquents :
- Enfants nés à l'étranger non enregistrés
- Adoption : la majoration d'éducation s'applique mais nécessite un justificatif spécifique
- Partage des trimestres d'éducation non demandé dans les délais (6 mois après le 4e anniversaire)
Par ailleurs, si vous avez eu ou élevé 3 enfants ou plus, votre pension de base est majorée de 10 %. Vérifiez que cette majoration est bien prévue. Notre guide maternité et retraite détaille vos droits.
Erreur n°5 : la coordination inter-régimes défaillante
Si vous avez cotisé à plusieurs régimes au cours de votre carrière (salarié puis indépendant, passage par la fonction publique, activité libérale), vous êtes particulièrement exposé aux erreurs de report.
Depuis 2017, la LURA (Liquidation Unique des Régimes Alignés) simplifie le calcul pour les assurés nés après 1953 ayant cotisé au régime général (CNAV), au SSI et à la MSA. Mais cette unification technique ne résout pas les problèmes de données sources : si un trimestre est mal imputé entre deux régimes, la LURA calcule sur des bases fausses.
Les carrières mixtes salarié/TNS et les carrières incluant des périodes dans les professions libérales nécessitent une attention particulière.
Comment corriger ces erreurs ?
La correction passe toujours par le même processus :
- Identifier l'erreur en comparant votre relevé avec vos justificatifs
- Rassembler les preuves (bulletins de paie, livret militaire, attestations employeur, relevés France Travail)
- Écrire à la caisse concernée avec un courrier de réclamation motivé
- Suivre la demande (délai moyen : 3 à 6 mois)
SmartRetraite automatise les étapes 1 et 3 : notre technologie avancée détecte les anomalies et génère les courriers de réclamation prêts à envoyer.