- Dès 55 ans, le service en ligne « Corriger ma carrière » d'info-retraite.fr permet de signaler les anomalies directement, tous régimes confondus.
- Avant 55 ans ou pour les cas complexes : demande écrite de rectification à la caisse concernée, en recommandé avec accusé de réception, justificatifs joints.
- En cas de refus : commission de recours amiable (CRA) à saisir dans les 2 mois, puis médiateur.
- Délais réels : de 2 à 6 mois pour un dossier simple, jusqu'à 18 mois pour les cas complexes — d'où la règle des 2 ans avant le départ.
Détecter une anomalie sur son relevé de carrière n'est que la moitié du travail : encore faut-il la faire corriger. La bonne nouvelle, c'est que la procédure est gratuite et plutôt bien balisée. La moins bonne : chaque caisse instruit à son rythme, la charge de la preuve repose sur vous, et les délais se comptent en mois. Voici le mode d'emploi complet.
Étape 1 — Choisir le bon canal
Dès 55 ans : le service en ligne « Corriger ma carrière »
Sur info-retraite.fr (connexion FranceConnect), la rubrique « Ma carrière » permet, à partir de 55 ans, de signaler directement une anomalie : période manquante, trimestres erronés, salaire incorrect. L'outil route votre demande vers le régime concerné et permet de téléverser les justificatifs. C'est le canal le plus simple pour les corrections standard.
Avant 55 ans, ou pour les dossiers complexes : la demande écrite
Adressez à la caisse concernée (CNAV/CARSAT pour le régime général, AGIRC-ARRCO pour la complémentaire, SSI, MSA, caisse de profession libérale…) un courrier recommandé avec accusé de réception demandant la rectification. Un bon courrier contient : vos identifiants (numéro de Sécurité sociale), la période exacte concernée, l'erreur constatée (ce que dit le relevé vs la réalité), la correction demandée, et la liste des pièces jointes. Une demande par anomalie et par caisse : les courriers fourre-tout ralentissent l'instruction.
Étape 2 — Joindre les bons justificatifs
| Anomalie | Justificatifs à joindre |
|---|---|
| Salaire erroné ou année manquante | Bulletins de paie (le cumul de décembre suffit souvent), attestation employeur |
| Chômage non reporté | Attestations France Travail / Assédic, avis de paiement des allocations |
| Maladie, maternité, AT-MP | Décomptes d'indemnités journalières (compte ameli), bulletins mentionnant la subrogation |
| Service militaire | État signalétique et des services (à demander au centre des archives militaires) |
| Employeur disparu | Bulletins, certificat de travail, relevés bancaires — voir notre guide dédié |
| Période à l'étranger | Formulaires de liaison (E205 dans l'UE), relevés du régime étranger, contrats |
| Majorations enfants absentes | Livret de famille, actes de naissance |
Envoyez des copies, jamais les originaux. Et conservez tout jusqu'à la liquidation définitive de votre pension.
Le rapport SmartRetraite identifie chaque anomalie, la chiffre, et génère les courriers de rectification prêts à envoyer, caisse par caisse, avec la liste des justificatifs. Diagnostic gratuit pour commencer.
Étape 3 — Suivre l'instruction (et relancer)
Comptez 2 à 6 mois pour un dossier simple avec justificatifs complets, et jusqu'à 18 mois pour les cas lourds : employeur disparu, périodes étrangères, reconstitution multi-régimes. Sans réponse après 2 mois, relancez par écrit en rappelant la date de votre première demande. Gardez une trace datée de chaque échange — elle servira en cas de recours.
Étape 4 — Les recours si la caisse refuse
1. La commission de recours amiable (CRA)
Chaque caisse a sa CRA. Vous devez la saisir dans les 2 mois suivant la notification de la décision contestée, par courrier recommandé exposant les faits, votre argumentation et les pièces. La saisine est gratuite. Sans réponse sous 2 mois, considérez la demande comme implicitement rejetée — ce qui ouvre l'étape suivante.
2. Le médiateur
Le médiateur de l'Assurance retraite (ou de la caisse concernée) peut être saisi après la CRA. Indépendant, il réexamine le dossier et peut recommander la correction. Délai habituel de traitement : 2 à 4 mois.
3. Le tribunal
En dernier ressort, le contentieux relève du pôle social du tribunal judiciaire. La grande majorité des dossiers bien documentés se règlent avant ce stade — un dossier de preuves solide dès la première demande reste votre meilleur levier.