- Votre pension de base = salaire annuel moyen (SAM) × taux × durée. Le SAM est la moyenne de vos 25 meilleures années (24 ou 23 pour les mères depuis 2026).
- Un salaire sous-évalué sur une de ces années réduit la pension à vie — sans signal d'alerte, puisque les trimestres restent validés.
- Les revenus retenus : salaires bruts soumis à cotisations, primes comprises, plafonnés au plafond de la Sécurité sociale de chaque année.
- Vérification : comparer le relevé à vos bulletins de paie de décembre (cumuls annuels), année par année.
Sur un relevé de carrière, tout le monde regarde les trimestres. Presque personne ne contrôle la colonne des salaires — et c'est pourtant là que se cachent les erreurs les plus coûteuses. Un trimestre manquant se voit (il déclenche une décote identifiable) ; un salaire sous-reporté ne se voit pas : l'année reste « pleine », les 4 trimestres sont validés, et la pension est silencieusement calculée sur un revenu inférieur au réel.
Comment vos salaires déterminent la pension
La pension du régime général se calcule ainsi : SAM × taux de pension × coefficient de durée. Le SAM (salaire annuel moyen) est la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus pour les générations nées à partir de 1953 — 24 meilleures années pour les mères d'un enfant, 23 à partir de deux enfants, depuis 2026. Chaque année retenue est revalorisée par des coefficients d'inflation et plafonnée au plafond de la Sécurité sociale (PASS) de l'époque.
La conséquence arithmétique : chaque euro manquant sur une de vos 25 meilleures années se retrouve, divisé par 25, dans votre SAM — puis multiplié par le taux (50 % au mieux) dans votre pension, chaque année jusqu'à la fin de votre vie.
Ce qui doit figurer dans la colonne salaires
- Le salaire brut soumis à cotisations vieillesse — pas le net, pas le fiscal. Primes, 13e mois, indemnités de congés payés et avantages en nature en font partie.
- Les indemnités journalières de maternité, retenues à 125 % de leur montant.
- Pour les indépendants : les revenus soumis aux cotisations SSI (rémunération de gérance, BIC, dividendes soumis aux charges sociales…).
- Pour les périodes au foyer : l'assiette forfaitaire de l'AVPF (assurance vieillesse des parents au foyer).
Les 5 anomalies de salaires les plus fréquentes
1. L'année partiellement reportée
Un seul semestre déclaré, un employeur sur deux oublié, une fin d'année absente : l'année affiche un salaire anormalement bas par rapport aux voisines. C'est le signal le plus simple à repérer en parcourant la colonne.
2. L'année à zéro salaire mais avec trimestres
Des trimestres assimilés (chômage, maladie) sans salaire, c'est normal. Mais une année travaillée avec 4 trimestres et un salaire nul ou dérisoire indique un report défaillant — qui exclura peut-être à tort cette année de vos 25 meilleures, ou y fera entrer une année médiocre à la place.
3. La confusion brut / net ou les erreurs de saisie
Sur les périodes anciennes (déclarations papier, reprises d'archives), des montants nets ont parfois été saisis à la place du brut, des chiffres inversés, des francs et euros mélangés autour de 2002. Tout écart de plus de quelques pourcents avec vos bulletins mérite une réclamation.
4. Les primes et variables non déclarés
Si l'employeur n'a déclaré que le salaire de base, l'écart se voit en comparant le cumul brut de votre bulletin de décembre au montant du relevé. L'erreur touche aussi vos points AGIRC-ARRCO, calculés sur la même assiette.
5. Les carrières mixtes mal totalisées
Pour les assurés nés à partir de 1953 relevant de la liquidation unique (LURA), les revenus salariés et indépendants d'une même année sont totalisés puis plafonnés au PASS. Les années mixtes (salarié + indépendant) sont un terrain classique d'erreurs de totalisation. Voir notre guide carrière mixte salarié / TNS.
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La méthode de vérification
- Rassemblez vos cumuls annuels : bulletins de décembre, attestations fiscales, ou à défaut vos avis d'imposition (en gardant en tête que le brut soumis à cotisations diffère du net imposable).
- Comparez année par année avec la colonne salaires du relevé, en commençant par vos meilleures années — ce sont elles qui font le SAM.
- Notez chaque écart supérieur à quelques pourcents (hors effet plafond) avec l'année, le montant du relevé et le montant justifié.
- Demandez la rectification avec pièces à l'appui — la procédure est détaillée dans notre guide corriger son relevé de carrière.
Bon à savoir : certaines années sont légitimement exclues du SAM — l'année du départ en retraite, les années sans salaire suffisant pour valider un trimestre, et les années comportant un rachat de trimestres pour études ou années incomplètes. Inutile de réclamer pour celles-là.