- 8 trimestres par enfant pour la mère (par défaut) : 4 de majoration maternité + 4 d’éducation.
- Le congé maternité valide en plus des trimestres assimilés : avant 2014, le trimestre de l’accouchement ; depuis 2014, 1 trimestre par 90 jours indemnisés.
- Les indemnités journalières de maternité sont reportées au compte carrière à 125 % de leur montant — elles améliorent votre salaire annuel moyen.
- Pour une pension qui prend effet à compter du 1er septembre 2026, le salaire annuel moyen d’une mère est calculé sur ses 24 meilleures années avec un enfant, 23 à partir de deux (au lieu de 25).
- Le congé parental peut valider des trimestres via l’AVPF, à condition d’avoir perçu une prestation familiale.
- Ces droits sont fréquemment mal reportés sur les relevés de carrière — chaque point se vérifie.
À quoi servent les trimestres maternité ?
Les trimestres liés aux enfants s’ajoutent à votre durée d’assurance tous régimes : ils servent à atteindre le taux plein et à réduire, voire annuler, la décote. Pour une mère de 2 enfants, ce sont 16 trimestres — 4 années — qui peuvent faire la différence entre une pension amputée et une retraite à taux plein.
Au régime général, ils comptent aussi pour la proratisation : la durée validée dans le régime, rapportée à la durée requise, qui fixe la part de pension de base servie. Avec 140 trimestres au régime général et 32 de majoration pour 4 enfants, une mère totalise 172 trimestres pour 170 requis : elle a le taux plein, et sa pension de base est entière (170/170) au lieu d’être limitée à 140/170.
Deux limites importantes, souvent découvertes trop tard :
- Ils ne comptent pour la carrière longue que dans la limite de 2 trimestres (voir plus bas) ;
- Ils n’apparaissent parfois tout simplement pas sur le relevé — c’est l’une des anomalies les plus fréquentes que nous détectons.
Les 4 trimestres de majoration maternité
Pour chaque enfant, la mère biologique bénéficie automatiquement de 4 trimestres de majoration maternité au régime général. Ils compensent l’impact de la grossesse et de l’accouchement sur la carrière et sont attribués :
- Automatiquement à la mère biologique ;
- Sans condition d’activité — même sans avoir jamais travaillé ;
- Pour chaque enfant, y compris en cas de naissances multiples (des jumeaux = 8 trimestres).
Les 4 trimestres d’éducation : règles et partage
S’y ajoutent 4 trimestres d’éducation par enfant, à condition d’avoir élevé l’enfant pendant les 4 années suivant sa naissance ou son adoption. Leur attribution dépend de la date de naissance :
Enfants nés avant 2010
Les 4 trimestres d’éducation sont attribués à la mère. Combinés à la majoration maternité, elle obtient 8 trimestres par enfant.
Enfants nés à partir de 2010
Les 4 trimestres peuvent être partagés entre les deux parents, sur demande déposée dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l’enfant. Sans demande, ils vont à la mère par défaut.
Congé maternité : des trimestres assimilés en plus
Le congé maternité est une période assimilée : il valide des trimestres au même titre qu’une période travaillée, en plus des majorations ci-dessus. La règle a changé en 2014 :
- Accouchement avant 2014 : le trimestre civil de l’accouchement compte pour 1 trimestre ;
- Depuis 2014 : chaque période de 90 jours d’indemnisation valide 1 trimestre. Si le congé indemnisé dure moins de 90 jours, le trimestre du dernier jour est validé.
Autre effet, moins connu : les indemnités journalières de maternité sont reportées sur votre compte carrière à hauteur de 125 % de leur montant. Elles comptent donc dans le calcul de votre salaire annuel moyen — l’année d’un congé maternité n’est pas forcément une « mauvaise année » pour votre retraite, à condition d’avoir été correctement reportée.
Salaire annuel moyen : 24 ou 23 meilleures années pour les mères
Pour les pensions qui prennent effet à compter du 1er septembre 2026, le salaire annuel moyen des mères qui bénéficient de trimestres de majoration pour enfants n’est plus calculé sur les 25 meilleures années (Mémento de la Protection Sociale, édition 2026.07) :
| Situation | Années retenues pour le salaire annuel moyen |
|---|---|
| Sans trimestres de majoration pour enfants | 25 meilleures années |
| Mère d’un enfant | 24 meilleures années |
| Mère de deux enfants ou plus | 23 meilleures années |
La mesure écarte du calcul une ou deux années de revenus plus faibles : un début de carrière, une année à temps partiel, une année incomplète. Plus ces années étaient basses par rapport aux autres, plus la pension de base augmente. Elle porte sur la retraite de base des salariés et des indépendants, calculée sur le salaire annuel moyen ; les complémentaires par points, comme l’AGIRC-ARRCO, ne sont pas concernées.
Déposez votre relevé de carrière — le diagnostic vérifie majorations, périodes assimilées et AVPF. Gratuit, résultat en quelques minutes.
Congé parental : l’AVPF, un droit sous condition
Pendant un congé parental, vous pouvez valider des trimestres via l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) : la CAF cotise pour vous auprès du régime général, sur une assiette forfaitaire de 169 fois le SMIC horaire de l’année précédente — l’équivalent d’un salaire proche du SMIC.
- Condition : percevoir une prestation familiale (PreParE notamment), avec conditions de ressources ;
- Les cotisations sont prises en charge par la CAF — les trimestres sont « gratuits » pour vous ;
- Possible jusqu’aux 3 ans de l’enfant pour un congé parental total.
La surcote anticipée des mères : jusqu’à 5 % de pension en plus
Depuis la réforme de 2023, une femme ayant eu au moins un enfant et réunissant une carrière complète avant l’âge légal bénéficie d’une surcote anticipée : chaque trimestre cotisé entre l’obtention du taux plein et l’âge légal majore sa pension de 1,25 %, dans la limite de 5 %.
Concrètement, une mère qui a tous ses trimestres à 63 ans mais doit attendre l’âge légal ne cotise plus « pour rien » : sa pension de base est majorée à vie. Pour choisir la date de départ qui en tire le meilleur parti, voyez notre guide surcote, décote et date de départ.
Majoration de 10 % pour 3 enfants : base ET complémentaire
Avoir eu ou élevé au moins 3 enfants donne droit à une majoration de pension — pour les deux parents, pas seulement la mère :
- Régime de base : +10 % de la pension brute, sans plafond ;
- AGIRC-ARRCO : +10 % sur les droits acquis depuis 2012 (5 % ARRCO / 10 % AGIRC pour 1999-2011, barèmes propres aux caisses avant 1999), plafonnée à 2 367,48 € par an. Non cumulable avec la majoration de 5 % par enfant à charge : la plus élevée des deux est servie.
Sont comptés les enfants de l’assuré, mais aussi les enfants élevés pendant au moins 9 ans avant leur 16e anniversaire. Si l’un de vos enfants n’est pas déclaré dans votre dossier retraite, la majoration saute.
Trimestres enfants et carrière longue : 2 trimestres au maximum
Vous visez un départ anticipé carrière longue ? Attention au décompte, car seuls les trimestres cotisés comptent, et certaines périodes dans une limite :
- Les trimestres de majoration (maternité + éducation) sont retenus dans la limite de 2 trimestres sur toute la carrière, quel que soit le nombre d’enfants — ils étaient auparavant entièrement exclus ;
- Les trimestres assimilés du congé maternité sont retenus comme cotisés sans limite ;
- Les trimestres AVPF sont retenus dans la limite de 4 trimestres.
Une mère de 3 enfants peut donc afficher 24 trimestres de majoration sur son relevé, dont 2 seulement l’aident à atteindre la durée cotisée du départ anticipé. Ces 2 trimestres suffisent parfois quand il n’en manque qu’un ou deux, mais ils ne remplacent pas les trimestres exigés en début de carrière, qui supposent une activité réelle. Le diagnostic de la date de départ doit distinguer trimestres cotisés, assimilés et de majoration — c’est exactement ce que fait notre analyse.
Les erreurs fréquentes sur les droits des mères
Trimestres de majoration absents
L’erreur la plus courante : les 4 trimestres de majoration maternité n’apparaissent pas sur le relevé, surtout pour les enfants nés avant 2000. La caisse n’a pas toujours l’information sur le nombre d’enfants, notamment après un changement de régime.
4 trimestres au lieu de 8
Le relevé affiche 4 trimestres par enfant au lieu de 8 : seule la majoration maternité (ou seule l’éducation) a été comptée. Les deux doivent être présentes.
Congé maternité non reporté
Les indemnités journalières sont versées par la CPAM, pas par l’employeur, et la transmission à la caisse de retraite n’est pas toujours automatique. Résultat : un « trou » dans le relevé l’année de l’accouchement — trimestre assimilé absent et salaire annuel minoré. Notre guide des salaires manquants détaille ce cas.
AVPF non validée pour le congé parental
Absence de prestation familiale, ou transmission CAF → CNAV défaillante : les années de congé parental apparaissent vides. C’est réparable, mais il faut le détecter puis faire corriger le relevé avec les justificatifs.
Majoration 3 enfants non appliquée
Enfants non déclarés dans le dossier (notamment enfants élevés ou adoptés) : la majoration de 10 % n’est pas servie, ni au régime de base, ni à l’AGIRC-ARRCO.
Comment vérifier que vos droits sont complets
- Trimestres de majoration : comptez 8 trimestres par enfant (4 maternité + 4 éducation), ou la répartition choisie pour les enfants nés depuis 2010 ;
- Année de chaque accouchement : trimestre assimilé présent + salaire annuel cohérent (IJ à 125 %) ;
- Années de congé parental : mention AVPF présente ;
- Nombre d’enfants déclarés : tous vos enfants figurent au dossier, y compris élevés, adoptés ou recueillis ;
- 3 enfants ou plus : majoration de 10 % prévue à la liquidation, base et complémentaire.
Ces droits représentent souvent plusieurs années de trimestres — la différence entre une retraite à taux plein et une décote à vie. Pour une vue d’ensemble de votre situation de mère de famille (interruptions de carrière, temps partiel, stratégie de départ), consultez notre guide retraite des mères de famille, et vérifiez le décompte global avec combien de trimestres faut-il pour partir.