- Selon la Cour des comptes, 1 pension nouvellement attribuée sur 9 comporte une erreur financière. La plupart des assurés ne vérifient jamais leur relevé.
- Un trimestre est validé par 1 803 € de revenu cotisé en 2026 ; quatre par 7 212 €. Une année de travail n’égale pas automatiquement quatre trimestres.
- Chaque trimestre manquant avant le taux plein retire 1,25 % de pension, à vie.
- Les oublis les plus fréquents sont des périodes assimilées : chômage, maladie, maternité, service militaire.
- Comptez deux heures pour un contrôle complet, relevé d’un côté, justificatifs de l’autre.
Un trimestre absent de votre relevé de carrière, c’est soit un départ repoussé, soit une décote appliquée à vie — et personne ne le repérera à votre place. Ce guide donne une méthode concrète, en quatre étapes, pour passer votre relevé de situation individuelle au crible.
La méthode en quatre étapes
Téléchargez votre RIS sur info-retraite.fr
Connectez-vous à info-retraite.fr avec FranceConnect. Dans la rubrique « Mon relevé de carrière », téléchargez le document PDF complet.
Il liste, année par année, les trimestres validés et les revenus reportés auprès de chaque caisse — CNAV, MSA, AGIRC-ARRCO, SSI, CNAVPL et sections libérales. C’est la base de calcul de votre pension.
Conseil : imprimez-le, ou ouvrez-le sur un écran à côté de vos justificatifs. Le contrôle se fait ligne par ligne.
Comparez chaque année avec vos bulletins de paie
Pour chaque année du relevé, vérifiez trois choses :
- Le nombre de trimestres : en 2026, 1 803 € de revenu brut (150 fois le SMIC horaire) valident un trimestre, 7 212 € en valident quatre. Ces seuils sont réévalués chaque année ; pour les années anciennes, la règle est la même avec le SMIC de l’époque.
- Le revenu reporté : il doit correspondre à votre rémunération brute annuelle, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
- La caisse de rattachement : si vous avez changé d’employeur ou de statut en cours d’année, chaque période doit apparaître.
Regardez de près les premières années — jobs étudiants, stages, apprentissage — et les années de changement de statut : passage au statut d’indépendant, expatriation, retour au salariat.
Repérez les trous dans la chronologie
Parcourez le relevé dans l’ordre et cherchez les années entièrement absentes, ou affichant zéro trimestre alors que vous travailliez. Les cas les plus fréquents :
- Un employeur qui n’a pas déclaré vos cotisations — fréquent pour les petites entreprises depuis disparues (voir prouver une période quand l’entreprise n’existe plus).
- Un emploi saisonnier ou un CDD court non reporté.
- Une activité à l’étranger dont les périodes n’ont pas été transmises.
- Un changement de nom qui a créé un doublon de dossier, ou une perte de données.
Chaque trou est une anomalie potentielle. Notez l’année, l’employeur concerné et le nombre de trimestres attendus.
Vérifiez les périodes assimilées
Certaines périodes non travaillées ouvrent droit à des trimestres. Ce sont les plus souvent oubliées :
- Chômage indemnisé : un trimestre par période de 50 jours d’indemnisation, quatre par an au plus — voir chômage et retraite.
- Arrêt maladie : un trimestre par période de 60 jours d’indemnités journalières — voir arrêt maladie, invalidité et retraite.
- Maternité : un trimestre par période de 90 jours d’indemnités, plus les majorations pour enfant, jusqu’à huit trimestres par enfant — voir trimestres maternité.
- Service militaire : un trimestre par période de 90 jours, arrondie au supérieur — douze mois font cinq trimestres. Très souvent absent pour les services antérieurs aux années 2000 — voir service militaire et retraite.
- Invalidité : un trimestre par trimestre civil de perception d’une pension d’invalidité.
Pour chaque période, retrouvez le justificatif : attestation de France Travail, décompte de la CPAM, livret militaire, acte de naissance.
Le diagnostic SmartRetraite compte vos trimestres année par année, régime par régime, et signale les années incomplètes et les périodes absentes. Gratuit, sans inscription.
Que faire si vous trouvez une erreur ?
- Rassemblez les preuves : bulletin de paie, attestation d’employeur, certificat de travail, attestation de France Travail, relevé de la CPAM, livret militaire. Plus le justificatif est précis, plus la correction est rapide.
- Déposez une demande de correction, sur info-retraite.fr (rubrique « Signaler une anomalie ») ou directement auprès de la caisse concernée — CNAV, Carsat, MSA, caisse libérale.
- Suivez le dossier. Le traitement prend souvent plusieurs mois. Sans réponse, relancez par courrier recommandé ; la procédure et les recours sont détaillés dans corriger son relevé de carrière.