- Trois étages, une seule caisse : la CARPIMKO gère la base CNAVPL (point à 0,6599 € en 2026), sa complémentaire propre (point à 21,48 €) et l'ASV réservée aux conventionnés.
- La complémentaire est plafonnée à 22 points par an : au-delà d'un certain revenu, cotiser plus n'ouvre plus de droits — un repère utile pour lire son relevé.
- Les années de remplacement avant installation et les points gratuits d'incapacité (8 points) sont les oublis les plus fréquents sur les relevés d'auxiliaires médicaux.
- Comme toutes les libérales, votre pension reste distincte : elle n'entre pas dans la pension unique (LURA) de vos éventuelles années salariées.
Une infirmière libérale ne lit pas son relevé comme une salariée. Là où le privé empile deux lignes (régime général + AGIRC-ARRCO), l'auxiliaire médical en cumule trois, toutes gérées par la même caisse — la CARPIMKO — mais selon des logiques différentes. Cette caisse couvre une famille de métiers : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes. Les règles décrites ici valent pour chacun d'eux. Et comme la retraite se construit sur des revenus déclarés et un parcours souvent fait de remplacements avant l'installation, les zones d'erreur sont nombreuses et spécifiques.
Comment se calcule la retraite d'un auxiliaire médical
Les trois étages reposent sur la même mécanique — nombre de points × valeur du point × coefficient de liquidation — mais avec des barèmes et des conditions propres. Mieux vaut les distinguer avant de lire son relevé.
| Étage | Gestionnaire | Valeur du point 2026 | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Base | CNAVPL (via CARPIMKO) | 0,6599 € | Tous les affiliés |
| Complémentaire | CARPIMKO | 21,48 € | Tous les affiliés |
| Supplémentaire (ASV) | CARPIMKO | 1,50 € (depuis 2006) | Conventionnés uniquement |
L'étage 1 : la base CNAVPL
Comme toutes les professions libérales (sauf les avocats), les auxiliaires médicaux cotisent au régime de base CNAVPL, un régime par points depuis 2004. La cotisation se décompose en deux tranches : 8,73 % jusqu'à 1 plafond de la Sécurité sociale (557 points maximum) et 1,87 % jusqu'à 5 plafonds (25 points maximum). La valeur du point 2026 est de 0,6599 €. La décote, comme au régime général, est de 1,25 % par trimestre manquant, et une majoration de 10 % s'applique à partir de 3 enfants. Voir notre guide dédié aux professions libérales (CARMF, CIPAV, CNAVPL).
L'étage 2 : la complémentaire CARPIMKO
Depuis le 1er janvier 2026, la complémentaire CARPIMKO a basculé sur une cotisation uniquement proportionnelle : 8,70 % des revenus compris entre 0,5 et 3 plafonds de la Sécurité sociale, assise sur le revenu N-2 sans régularisation. Le nombre de points acquis chaque année est plafonné à 22, et la valeur du point 2026 est de 21,48 €. La première année d'activité fait exception : la cotisation est forfaitaire uniquement. Ce plafond de 22 points est un repère de lecture précieux — au-delà du revenu correspondant à 3 plafonds, cotiser davantage n'achète plus de droits complémentaires.
L'étage 3 : l'ASV des conventionnés
Le régime supplémentaire ASV (Avantage Social Vieillesse) ne concerne que les auxiliaires exerçant sous convention avec l'Assurance maladie, pendant au moins un an avec versement de la cotisation. Son intérêt majeur : la CPAM en prend les deux tiers à sa charge. L'auxiliaire ne paie qu'une fraction de la cotisation (la part forfaitaire ouvre 24,5 points, la part proportionnelle jusqu'à 34 points supplémentaires). Particularité essentielle pour lire un relevé : la valeur du point ASV est dégressive selon la période d'acquisition.
| Période d'acquisition | Valeur du point |
|---|---|
| 1960 - 1975 | 2,30 € |
| 1976 - 1987 | 2,20 € |
| 1988 - 1997 | 1,90 € |
| 1998 - 2005 | 1,60 € |
| À partir de 2006 | 1,50 € (2026) |
Concrètement, les points ASV acquis tôt dans la carrière valent davantage que les récents. Un oubli sur les années conventionnées anciennes pèse donc proportionnellement plus lourd.
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Les erreurs à vérifier sur votre relevé d'auxiliaire médical
Les années de remplacement avant installation
Beaucoup d'infirmières et de kinés débutent par des années de remplacement avant de s'installer à leur compte. Ces périodes ouvrent des droits CARPIMKO, mais elles sont aussi les plus susceptibles d'être mal reportées : affiliation tardive, années fragmentées, revenus de remplacement déclarés de travers. C'est souvent là que se cache le premier trou. Reprenez chaque année de remplacement et confrontez-la à vos déclarations de l'époque.
Les points gratuits d'incapacité oubliés
C'est l'oubli le plus fréquent, parce qu'il n'est pas toujours attribué automatiquement. En cas d'incapacité professionnelle d'au moins 6 mois, la complémentaire CARPIMKO exonère de cotisation et attribue 8 points gratuits (ou la moyenne des trois années précédentes si elle est supérieure à 8). La base CNAVPL prévoit de son côté des points gratuits pour invalidité ou incapacité de longue durée. Si vous avez connu un arrêt prolongé — grossesse pathologique, maladie, accident — vérifiez que ces points figurent bien à votre relevé.
L'ASV des années conventionnées
Si vous avez exercé sous convention, vous devez avoir une ligne ASV. Or cet étage, géré à part, est régulièrement incomplet : années conventionnées non créditées, points calculés à la mauvaise valeur de période, bascule conventionné/non conventionné mal suivie. Vu la valeur élevée des points ASV anciens (jusqu'à 2,30 €), une omission sur les premières années conventionnées peut coûter cher. C'est un contrôle à mener spécifiquement.
Une pension hors LURA : ne cherchez pas une fusion qui n'existe pas
Si vous avez été salariée (à l'hôpital, en clinique) avant ou après votre activité libérale, attention : la pension libérale reste distincte. Contrairement aux artisans ou commerçants, les professions libérales n'entrent pas dans la LURA (la pension unique des polypensionnés). Vous percevrez donc votre pension CARPIMKO d'un côté, et votre pension du régime général de l'autre. Ne vous étonnez pas de voir deux relevés séparés : ce n'est pas une erreur, mais cela double les surfaces à vérifier.
Les seuils de validation qui ont changé
Pour la base, un trimestre se valide aujourd'hui avec 150 SMIC horaire, mais il en fallait 200 entre 2004 et 2013, et avant 2004 les points se convertissaient en trimestres (100 points = 1 trimestre). Depuis 2024, une cotisation minimale (assiette de 450 SMIC horaire) sécurise des trimestres même en année creuse. Les petites années anciennes peuvent donc légitimement porter moins de trimestres que prévu — à distinguer des vraies erreurs de report. Pour la méthode de contrôle générale, voir notre guide les erreurs du relevé de carrière.
Ces vérifications ne sont pas théoriques : selon la Cour des comptes, 1 pension nouvellement attribuée sur 9 comporte une erreur financière (source). Sur des carrières à trois étages comme celles des auxiliaires médicaux, le risque d'omission est mécaniquement plus élevé. Pour situer votre régime parmi les autres, notre guide la retraite selon votre métier donne une vue d'ensemble.