- Votre retraite CIPAV a deux étages en points : la base CNAVPL (point à 0,6599 € en 2026) et la complémentaire CIPAV (point à 2,89 € en 2025).
- Les droits de base antérieurs à 2004 ont été convertis : 100 points = 1 trimestre — une conversion à contrôler.
- La complémentaire a été réformée au 1er janvier 2023 (cotisations proportionnelles au revenu) : la jonction ancien/nouveau système est une zone d'erreurs.
- Attention à la décote complémentaire : 5 % par année d'anticipation si la base n'est pas liquidée en même temps.
La CIPAV est la caisse interprofessionnelle des professions libérales « réglementées » : architectes et métiers de la construction, ostéopathes, psychologues, ergothérapeutes, diététiciens, moniteurs de ski et guides de montagne, ingénieurs conseils, experts, guides-conférenciers… Une population aux carrières souvent hybrides — salariat, micro-entreprise, libéral — qui en fait l'un des terrains les plus accidentés pour les relevés de carrière.
Deux étages, deux systèmes de points
La base CNAVPL
Depuis 2004, la retraite de base des professions libérales est un régime par points : la cotisation (8,73 % jusqu'à 1 plafond, 1,87 % jusqu'à 5 plafonds) peut produire jusqu'à 582 points par an (557 + 25). La valeur du point 2026 est de 0,6599 €. Les trimestres restent la référence pour le taux plein : ils se valident par le revenu, comme au régime général, avec une cotisation minimale (assiette de 450 SMIC horaire) qui garantit 3 trimestres depuis 2024.
La complémentaire CIPAV
Réformée au 1er janvier 2023 : les cotisations sont désormais proportionnelles au revenu (11 % jusqu'à 1 plafond, 21 % de 1 à 4 plafonds), pouvant produire jusqu'à 735 points par an. Prix d'achat du point 2025 : 47,40 € ; valeur de service : 2,89 €. Avant 2023, le régime fonctionnait par classes de cotisation forfaitaires — la jonction entre les deux systèmes, et la reprise du stock de points antérieur, sont à contrôler sur le relevé.
2018 : le grand rétrécissement du périmètre
Depuis la loi de financement 2018, la CIPAV ne couvre plus qu'une vingtaine de professions listées ; les autres créateurs d'activité libérale (consultants, formateurs, développeurs…) relèvent désormais de la SSI. Conséquences sur les relevés :
- Affiliations à cheval : une même activité a pu relever de la CIPAV puis de la SSI (droit d'option des micro-entrepreneurs) — vérifiez qu'aucune année n'est tombée entre les deux caisses.
- Doubles affiliations fantômes sur les années de bascule, qui faussent le décompte des trimestres.
- Micro-entrepreneurs : des cotisations forfaitaires faibles produisent peu de points et parfois moins de 4 trimestres — ce n'est pas une erreur, mais un point de vigilance pour la planification.
Le moteur d'analyse vérifie vos deux étages de points, la conversion pré-2004 et la cohérence avec vos années salariées ou SSI. Diagnostic gratuit.
Liquidation : les règles propres à la CIPAV
- Décote complémentaire : si la base est liquidée avec décote, la complémentaire applique les mêmes coefficients. Mais si vous liquidez la complémentaire sans la base, la minoration est de 5 % par année d'anticipation par rapport à 67 ans — un piège classique de la liquidation désynchronisée.
- Surcote complémentaire : possible uniquement avec 30 ans d'affiliation CIPAV minimum, à 5 % par année entière de report (sur les points des 30 premières années).
- Petits stocks de points : en dessous de 180 points, la complémentaire est soldée par un versement forfaitaire unique (15 fois le montant annuel) — pas de rente.
- Points gratuits : 100 points au trimestre de l'accouchement, 200 points par an en cas d'invalidité avec tierce personne, 400 points par an pour incapacité professionnelle de plus de 6 mois (base CNAVPL). Vérifiez-les si vous êtes concerné·e.
- Majoration enfants : 10 % de la pension pour 3 enfants et plus — sur la base comme sur la complémentaire.
Carrières mixtes : la CIPAV est hors LURA
Vos années CIPAV comptent pour votre durée d'assurance totale (taux plein, décote), mais la CNAVPL verse sa propre pension, distincte de celle du régime général — et vos trimestres libéraux n'entrent pas dans le coefficient de liquidation CNAV. Cette mécanique, source de confusion, est expliquée dans notre pilier carrières multi-régimes.