- Le dirigeant assimilé salarié cotise comme un cadre : régime général (CNAV) pour la base, AGIRC-ARRCO pour la complémentaire — pas la SSI des indépendants.
- Les droits se construisent sur la rémunération soumise à cotisations. Les dividendes ne génèrent aucun droit retraite : zéro trimestre, zéro point.
- Une rémunération nulle ou très faible peut valider 0 trimestre sur l'année et laisser un trou dans la complémentaire — un piège classique du président de SASU.
- Vous ne cotisez pas à l'assurance chômage : aucun trimestre assimilé à attendre en cas d'arrêt d'activité.
Beaucoup de dirigeants croient relever d'un régime spécial. C'est faux : le président de SAS ou de SASU, le directeur général de SAS, le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL sont des assimilés salariés. Pour la retraite, ils suivent exactement les règles d'un cadre du privé — régime général pour la base, AGIRC-ARRCO pour la complémentaire. La seule chose qui les distingue d'un salarié ordinaire, c'est l'absence de cotisation chômage. Cette assimilation est une bonne nouvelle (régime protecteur, complémentaire généreuse), mais elle crée des angles morts précis sur le relevé de carrière.
Si vous êtes en réalité gérant majoritaire de SARL ou exploitant en nom propre, vous relevez de la SSI et non du régime général : les règles sont différentes et c'est notre guide retraite du TNS dirigeant qui vous concerne. Le présent guide s'adresse aux assimilés salariés.
Assimilé salarié contre TNS : deux mondes de retraite
La frontière se joue sur le statut social du dirigeant, pas sur la forme juridique seule. Selon votre mandat, vous basculez d'un régime à l'autre — avec des conséquences directes sur le relevé.
| Critère | Assimilé salarié (ce guide) | TNS / gérant majoritaire |
|---|---|---|
| Mandats concernés | Président SAS/SASU, DG de SAS, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL | Gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel |
| Régime de base | Régime général (CNAV) | SSI (ex-RSI) |
| Complémentaire | AGIRC-ARRCO | RCI |
| Cotisation chômage | Non | Non |
| Dividendes | Aucun droit retraite | Part des dividendes soumise aux cotisations sociales (gérants majoritaires) |
Comment se calcule votre retraite d'assimilé salarié
La base : le régime général (CNAV)
Strictement les mêmes règles qu'un salarié. La pension de base se calcule selon la formule Salaire annuel moyen × taux × coefficient de liquidation. Le salaire annuel moyen retient vos 25 meilleures années (pour les assurés nés à partir de 1953), chaque année étant plafonnée au PASS. Le taux plein est de 50 %, atteint avec la durée de référence requise ou à 67 ans automatiquement. Chaque trimestre manquant entraîne une décote de 0,625 %, et chaque trimestre cotisé au-delà de l'âge légal une surcote de 1,25 %.
Les trimestres se valident sur la rémunération soumise à cotisations : depuis 2014, 150 SMIC horaire valident un trimestre, soit 1 803 € de rémunération brute en 2025 par trimestre — 4 trimestres avec environ 7 212 € sur l'année. C'est la rémunération de mandat qui compte, pas le résultat de la société ni les dividendes.
La complémentaire : l'AGIRC-ARRCO, comme un cadre
C'est ici que l'assimilé salarié se distingue nettement du TNS. Vous cotisez à l'AGIRC-ARRCO sur deux tranches de rémunération :
- Tranche 1 : de 0 à 1 PASS, soit jusqu'à 48 060 €, taux d'appel global de 7,87 %.
- Tranche 2 : de 1 à 8 PASS, soit de 48 060 € à 384 480 €, taux d'appel global de 21,59 %.
Les cotisations sont converties en points selon le prix d'achat du point 2026 de 20,1877 €. Au moment de la retraite, chaque point vaut 1,4386 € par an (valeur de service nov. 2025 – nov. 2026). Une rémunération régulière sur les deux tranches alimente donc deux étages de retraite — base plafonnée au PASS, complémentaire jusqu'à 8 PASS — là où l'indépendant accumule beaucoup moins en complémentaire.
Le piège numéro un : la rémunération faible ou nulle
Beaucoup de présidents de SASU se versent peu ou pas de rémunération et privilégient les dividendes — par optimisation fiscale et sociale. Le calcul peut être pertinent à court terme, mais il a un coût retraite brutal, car les dividendes ne sont jamais soumis aux cotisations vieillesse pour un assimilé salarié.
L'erreur de relevé et le choix de gestion se ressemblent à l'écran : dans les deux cas, l'année est creuse. D'où l'intérêt de croiser le relevé avec vos bulletins de paie de dirigeant et vos déclarations sociales nominatives (DSN), année par année, pour distinguer le trou volontaire du droit oublié.
Déposez votre relevé : le moteur d'analyse contrôle vos trimestres CNAV et vos points AGIRC-ARRCO année par année, et repère les périodes creuses. Diagnostic gratuit.
Les points de contrôle spécifiques au dirigeant
Les années sans points AGIRC-ARRCO
La base et la complémentaire sont gérées par des organismes distincts. Il arrive qu'une année soit correctement reportée au régime général mais absente côté AGIRC-ARRCO, ou l'inverse. Comparez les deux relevés ligne à ligne : une année de mandat rémunéré doit produire à la fois des trimestres et des points. Une discordance est l'une des erreurs les plus fréquentes pour les cadres et dirigeants. Notre guide dédié aux points AGIRC-ARRCO manquants détaille la marche à suivre.
Les primes et avantages en nature
La rémunération d'un dirigeant ne se limite pas au salaire de base : primes, avantages en nature (voiture, logement de fonction), parts variables sont soumis à cotisations et doivent donc nourrir vos droits. Vérifiez que l'assiette reportée correspond bien à votre rémunération totale soumise à cotisations, et pas seulement au fixe — surtout pour les années où une part variable importante a été versée sur la tranche 2.
L'absence de filet chômage
Le dirigeant assimilé salarié ne cotise pas à l'assurance chômage. Conséquence retraite : en cas d'arrêt d'activité ou de cessation de mandat, vous ne validerez aucun trimestre assimilé au titre du chômage indemnisé — contrairement au salarié, pour qui 50 jours de chômage indemnisé valident un trimestre. Une période sans mandat ni autre activité est donc une période sans aucun droit retraite : à anticiper, et à vérifier sur le relevé pour ne pas confondre avec une erreur.
Le cumul mandat et autre activité
Beaucoup de dirigeants ont eu, avant ou en parallèle de leur mandat, une activité salariée classique ou indépendante. Cette carrière mixte se reconstitue avec les mêmes règles d'alignement (LURA pour la base), mais multiplie les sources d'erreur. Si c'est votre cas, lisez notre guide retraite en carrière mixte salarié et TNS.
Pourquoi vérifier, concrètement
Selon la Cour des comptes, 1 pension nouvellement attribuée sur 9 comporte une erreur financière (certification des comptes du régime général). Pour un dirigeant dont la rémunération a varié — années de lancement à rémunération faible, années fastes sur la tranche 2, périodes de transition entre deux mandats — le risque de report incomplet est mécaniquement plus élevé. Chaque point AGIRC-ARRCO et chaque trimestre vérifié avant la liquidation se traduit en pension corrigée, à vie. Pour situer votre situation parmi les autres profils, voir notre panorama retraite selon votre métier.