Depuis le 1er janvier 2026, la montée progressive de l'âge légal de départ est gelée à 64 ans. Concrètement, le calendrier initialement prévu par la réforme de 2023 — qui devait porter l'âge légal à 64 ans et 3 mois pour les générations nées à partir du second semestre 1963 — est suspendu. L'âge légal reste fixé à 64 ans pour toutes les générations concernées par le gel.
Cette décision, issue du contexte politique de la dissolution de l'Assemblée et des négociations sur le budget 2026, a des conséquences directes pour des centaines de milliers de futurs retraités. Décryptage.
Ce que dit le gel exactement
Le gel porte sur deux paramètres de la réforme Borne de 2023 :
- L'âge légal de départ est maintenu à 64 ans (au lieu de continuer à monter vers 64 ans et 3 mois, puis 64 ans et 6 mois).
- La durée de cotisation requise pour le taux plein reste à 172 trimestres (43 annuités) pour les générations nées à partir de 1965. Le calendrier d'accélération prévu est suspendu.
Qui est concerné ?
Le gel impacte principalement les générations nées entre 1962 et 1968 qui approchent de l'âge de départ. Voici les situations types :
- Né(e) en 1962 : vous étiez déjà à 64 ans selon le calendrier précédent. Le gel ne change rien pour vous.
- Né(e) en 1963 (2e semestre) ou 1964 : vous deviez attendre 64 ans et 3 mois. Avec le gel, vous pouvez partir dès 64 ans. Gain : 3 mois.
- Né(e) en 1965 ou après : vous deviez attendre 64 ans et 6 mois ou plus. Le gel vous fait gagner entre 6 mois et 1 an selon votre génération.
L'impact sur les carrières longues
Le dispositif carrière longue reste en vigueur avec les bornes actuelles. Si vous avez commencé à travailler avant 16, 18 ou 20 ans et que vous totalisez la durée de cotisation requise, vous pouvez partir avant 64 ans selon les conditions suivantes :
- Début d'activité avant 16 ans : départ possible dès 58 ans.
- Début d'activité avant 18 ans : départ possible dès 60 ans.
- Début d'activité avant 20 ans : départ possible dès 62 ans.
- Début d'activité avant 21 ans : départ possible dès 63 ans.
Le gel ne modifie pas ces bornes. En revanche, la durée de cotisation exigée pour bénéficier de la carrière longue reste celle prévue par la réforme, soit 172 trimestres. C'est là que les erreurs de relevé de carrière deviennent critiques : un seul trimestre manquant peut vous faire perdre le bénéfice du départ anticipé.
Ce qui est maintenu et ce qui pourrait changer
Dispositifs maintenus sans modification :
- La surcote de 1,25 % par trimestre au-delà du taux plein.
- La décote de 0,625 % par trimestre manquant (dans la limite de 20 trimestres).
- Le minimum contributif porté à 847,57 € par mois pour une carrière complète au SMIC.
- Le départ pour inaptitude ou handicap à 62 ans.
Ce qui pourrait encore évoluer : les négociations entre partenaires sociaux se poursuivent. Un accord national interprofessionnel (ANI) est en discussion et pourrait modifier les bornes de la carrière longue ou introduire une prise en compte de la pénibilité. Rien n'est acté à ce stade.
Que faire maintenant ?
Le gel offre un répit pour les générations 1963-1968, mais il ne dispense pas d'une préparation rigoureuse. Voici les 3 actions prioritaires :
- Vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr. Comparez chaque année avec vos justificatifs. Une détection d'anomalies approfondie peut révéler des trimestres oubliés ou des salaires mal reportés.
- Comprenez la différence entre âge légal et taux plein. Partir à 64 ans ne signifie pas forcément toucher une pension complète. Si vous n'avez pas tous vos trimestres, la décote s'applique.
- Anticipez les corrections. Rectifier une erreur auprès de la CNAV prend en moyenne 6 à 18 mois. Si vous prévoyez un départ en 2027 ou 2028, c'est maintenant qu'il faut agir.
SmartRetraite réalise une vérification approfondie de votre relevé de carrière et identifie les anomalies qui impactent votre date de départ ou le montant de votre pension. En quelques minutes, vous obtenez un diagnostic complet et un plan d'action chiffré.