- La base SSI est alignée sur le régime général : mêmes trimestres, même SAM — et, depuis 2017, une pension unique (LURA) pour les carrières salarié + indépendant.
- La complémentaire RCI fonctionne par points : valeur de service 1,347 € en 2026, sans surcote ni majoration pour enfants.
- La bascule du RSI vers le régime général (2018-2020) a généré des transferts de droits incomplets : c'est la première chose à contrôler.
- Depuis 2024, la cotisation minimale (assiette de 450 SMIC horaire) garantit 3 trimestres même en année blanche — encore faut-il qu'elle soit appliquée.
Artisans et commerçants cumulent deux particularités face à la retraite : un régime qui a changé trois fois de nom et d'organisation en quinze ans (AVA/ORGANIC → RSI → SSI, intégrée au régime général), et des droits calculés sur des revenus déclarés — provisoires, régularisés, parfois taxés d'office — plutôt que sur des salaires. Les deux se conjuguent : les relevés d'indépendants comptent parmi les plus erronés que l'on puisse analyser.
Comment se calcule la retraite d'un indépendant
La base : alignée sur le régime général
Depuis l'alignement, la retraite de base des artisans et commerçants suit les règles du régime général : trimestres validés par le revenu (150 SMIC horaire par trimestre, soit 1 803 € en 2025), salaire annuel moyen sur les 25 meilleures années, taux plein à 50 %, décote de 0,625 % par trimestre manquant. Pour les assurés nés à partir de 1953, la LURA fusionne le calcul avec vos années salariées : revenus totalisés année par année, une seule pension versée. Voir notre guide polypensionnés et LURA.
La complémentaire : le RCI
Le Régime Complémentaire des Indépendants (issu de la fusion des régimes artisans et commerçants en 2013) fonctionne par points : cotisation de 8,1 % jusqu'à 1 plafond de la Sécurité sociale, 9,1 % de 1 à 4 plafonds (taux 2025). Prix d'achat du point 2025 : 21,532 € ; valeur de service : 1,347 € en 2026. Particularités à connaître : le RCI ne prévoit ni surcote, ni majoration pour enfants — et les points acquis entre 1979 et 1996 dans l'ancien régime des commerçants ont une valeur spécifique de 1,20 €.
La bascule ex-RSI (2018-2020) : la mine d'anomalies
Le RSI a été supprimé au 1er janvier 2018 et ses missions transférées au régime général jusqu'en 2020. Des millions de dossiers ont migré d'un système d'information à l'autre — avec les pertes qu'on imagine. Sur les relevés, cela donne :
- Des années indépendant absentes ou incomplètes, surtout les périodes anciennes (avant 2000) dont les archives étaient déjà fragiles côté RSI.
- Des revenus mal repris : déclarations provisoires jamais régularisées, revenus taxés d'office reportés à la place des revenus réels, années de cessation proratisées de travers.
- Des points RCI non transférés ou des stocks repris partiellement, notamment pour les anciens commerçants (points 1979-1996 à valeur spécifique).
- Des doubles affiliations fantômes sur les années de transition, qui faussent l'écrêtement des trimestres.
Le moteur d'analyse contrôle vos trimestres, revenus et points RCI année par année, y compris la cohérence avec vos années salariées. Diagnostic gratuit.
Les points de contrôle spécifiques aux indépendants
Les premières années d'activité
Le début d'activité cotise sur des assiettes forfaitaires réduites avant régularisation : vérifiez que la régularisation a bien eu lieu et que les trimestres correspondent à vos revenus réels, pas au forfait provisoire.
Les années difficiles
Une année à faible revenu peut ne valider que 1 à 3 trimestres. Depuis 2024, la cotisation minimale sur une assiette de 450 SMIC horaire garantit 3 trimestres ; auparavant, les années blanches pouvaient ne rien valider du tout. Pour ces années, le rachat de trimestres (années incomplètes) mérite une étude chiffrée.
L'invalidité et les exonérations
Le RCI attribue des points gratuits pour chaque mensualité de pension d'invalidité ou d'incapacité au métier, calculés sur votre moyenne de points antérieure. Si vous avez connu une période d'invalidité, vérifiez que ces points figurent au relevé.
Le seuil de validation qui a changé
Avant 2014, il fallait 200 SMIC horaire par trimestre (contre 150 aujourd'hui) : les petites années anciennes peuvent légitimement porter moins de trimestres que vous ne l'espérez — à distinguer des vraies erreurs de report.