- Les simulateurs, les relevés et les estimations donnent un montant brut. Ce n’est pas ce que vous toucherez.
- Quatre prélèvements sociaux s’appliquent : CSG (0, 3,8, 6,6 ou 8,3 % selon votre revenu fiscal), CRDS 0,5 %, CASA 0,3 %, et 1 % d’assurance maladie sur la seule complémentaire.
- Au taux normal : − 9,1 % sur la base, − 10,1 % sur la complémentaire.
- Puis l’impôt sur le revenu, prélevé à la source après un abattement de 10 %.
- Un changement de tranche de CSG peut coûter plusieurs dizaines d’euros par mois : c’est à anticiper l’année du départ.
Quand on parle du montant de sa retraite, on parle presque toujours du montant brut. C’est le chiffre des simulateurs, des relevés de caisses et des estimations indicatives. Mais ce n’est pas ce que vous percevez sur votre compte : entre le brut et le net s’appliquent des prélèvements sociaux, puis l’impôt.
Les prélèvements sur la pension de retraite
- CSG (contribution sociale généralisée) : le prélèvement principal, dont le taux dépend de votre revenu fiscal de référence ;
- CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) : 0,5 % ;
- CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) : 0,3 %, uniquement aux taux médian et normal de CSG ;
- Cotisation d’assurance maladie : 1 %, sur les pensions complémentaires uniquement.
Les quatre taux de CSG selon le revenu fiscal
Le taux de CSG applicable à votre pension dépend de votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année et de votre nombre de parts. Les seuils sont réévalués chaque année.
| Situation | CSG | CRDS | CASA | Base | Complémentaire (+ 1 % maladie) |
|---|---|---|---|---|---|
| Exonéré | 0 % | 0 % | 0 % | 0 % | 1 % |
| Taux réduit | 3,8 % | 0,5 % | 0 % | 4,3 % | 5,3 % |
| Taux médian | 6,6 % | 0,5 % | 0,3 % | 7,4 % | 8,4 % |
| Taux normal | 8,3 % | 0,5 % | 0,3 % | 9,1 % | 10,1 % |
Trois exemples de passage du brut au net
Jean, taux normal. Retraite brute de 2 500 € par mois : 1 500 € de base CNAV et 1 000 € d’AGIRC-ARRCO.
- Base : 1 500 € − 9,1 % = 1 363,50 €
- Complémentaire : 1 000 € − 10,1 % = 899 €
- Net avant impôt : 2 262,50 € par mois, soit 237,50 € de moins que le brut (− 9,5 %)
Marie, taux réduit. Retraite brute de 1 200 € par mois, entièrement au régime de base.
- 1 200 € − 4,3 % = 1 148,40 € par mois, soit 51,60 € de moins
Pierre, exonéré. Retraite brute de 900 € par mois, régime de base.
- Aucun prélèvement social : 900 € net
L’impôt sur le revenu : la dernière étape
Les pensions sont soumises à l’impôt sur le revenu après un abattement forfaitaire de 10 %, encadré par un plancher et un plafond révisés chaque année. L’impôt est prélevé à la source par chaque caisse, au taux transmis par l’administration fiscale.
Le net après impôt dépend donc de votre situation familiale, de vos autres revenus — fonciers, revenus du conjoint — et de votre tranche marginale. C’est pourquoi les comparaisons de scénarios se font en net avant impôt : c’est le dernier montant qui ne dépend que de la pension elle-même.
Pourquoi raisonner en net change les décisions
Surcote et prélèvements. Travailler quatre trimestres de plus rapporte 5 % de pension brute. Si cette hausse vous fait franchir un seuil de CSG, le gain net est plus faible que prévu. La comparaison entre partir et continuer se fait en net — voir surcote, décote et date de départ.
Plusieurs caisses, plusieurs prélèvements. Chaque caisse applique les prélèvements sur sa part. Un polypensionné reçoit autant de virements nets que de pensions, et c’est leur somme qu’il faut comparer à son dernier salaire net.
Le rapport SmartRetraite compare vos dates de départ possibles en pension nette avant impôt, à partir de votre relevé de carrière. Diagnostic gratuit, sans inscription.
Pour comprendre d’où vient le montant brut lui-même, voyez le calcul de la pension sur les 25 meilleures années et la différence entre âge légal et taux plein.